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Ardenne Métropole dans la coopération transfrontalière

Des frontières à franchir, des occasions à saisir


Il n'aura échappé à personne que le territoire d'Ardenne Métropole présente la caractéristique d'être frontalier avec la Belgique... Désireux de profiter de cette opportunité dans de nombreux domaines encore trop peu exploités, le président Boris Ravignon a invité dernièrement les « forces vives » des Ardennes pour un séminaire consacré aux relations transfrontalières.

 

Une bonne centaine d'élus, de cadres territoriaux ou de représentants des chambres consulaires venus des quatre coins du département étaient réunis jeudi 17 novembre à la Maison de la culture et des loisirs Ma Bohème, à Charleville-Mézières, à l'invitation du président d'Ardenne Métropole, Boris Ravignon. Le but de cette rencontre : réfléchir aux possibilités de coopération transfrontalière entre notre département et nos voisins de Belgique, voire du Bénélux, car « a contrario des régions voisines dans leur ancien périmètre (Nord-Pas-de-Calais, Lorraine, Alsace), il n'a jamais été engagé de démarche de ce type dans les Ardennes, a souligné Boris Ravignon. Or j'ai la conviction que cette coopération transfrontalière doit constituer un élément déterminant de notre politique de relance économique. »

Cet après-midi de travail a été rythmé par les exposés éclairants de deux intervenants de haut vol : Olivier Denert, secrétaire général de la MOT (Mission opérationnelle transfrontalière), un organisme présidé par Michel Delebarre dont le but est d’apporter une aide opérationnelle aux porteurs de projets et, plus globalement, aux territoires transfrontaliers­, mais aussi Laurent Chalard, docteur en géographie de Paris IV-Sorbonne et consultant.

 

Miser sur l'A304

Pour le président Ravignon, « il s'agit de réfléchir et d'agir » en commençant par dresser un constat de ce qui existe aujourd'hui. Avec une première conclusion : « les exemples de coopération entre les Ardennes et la Belgique, ou même le Luxembourg, existent, mais c'est insuffisant. Il faut impérativement monter en puissance. » D'autant qu'en la matière, nous manquons d'informations : difficile de quantifier avec précision les flux transfrontaliers et le nombre de personnes qui franchissent quotidiennement la frontière pour aller travailler... En matière de santé, « il existe une organisation bien définie, la Zoast, ou Zone organisée d'accès aux soins transfrontaliers. Mais cette dernière pousse souvent les patients français à se rendre en Belgique, beaucoup plus rarement l'inverse, d'où un déséquilibre... »

Autre piste de réflexion, le tourisme, à propos duquel Boris Ravignon relève « un début encourageant d'organisation commune sous l'égide de la Marque Ardenne. C'est un bon début, mais nous pouvons là encore mieux faire. » Le contexte évolue par contre beaucoup plus favorablement en matière de transport, malgré l'éternelle interrogation sur la possible réouverture de la ligne ferroviaire Givet-Dinant : « l'ouverture de l'A 304 et donc de la liaison autoroutière passant par Charleville-Mézières et Charleroi va nous permettre, à l'horizon 2017-2018, de nous retrouver dans un couloir de flux européen. A nous de prendre date et d'utiliser cet outil. » Enfin, les domaines de l'emploi, de la valorisation de la Meuse, voire même des services à la population demeurent à l'état de friches.

 

Des chiffres parlants...

Ce constat contrasté effectué, il s'agit désormais « d'entrer dans une vraie phase de coopération, de prendre l'habitude de travailler ensemble, des deux côtés de la frontière. Nous avons tous à y gagner d'un point de vue économique ou social. Il nous faut pour cela sortir de l'aspect purement compétitif qui caractérise encore trop souvent nos échanges. Coopérer, c'est gagner sur certains points tout en acceptant que nos partenaires gagnent sur d'autres. »

Pour Boris Ravignon, « nous avons tout intérêt a entrer de plain-pied dans l'espace économique, culturel et humain formé par nos voisins. A titre d'exemple, le PIB par habitant s'élève à 23.000 euros dans les Ardennes. Il est de 36.000 en Belgique, de 39.000 aux Pays-Bas et de 86.000 au Luxembourg.. » Des chiffres éloquents qui doivent « pousser notre territoire, bientôt plus relié qu'il ne l'a jamais été, que ce soit de manière routière ou fluviale, à échanger tous les jours avec nos voisins. Nous devons clairement et rapidement nous présenter comme l'interface naturelle entre la région Grand Est d'une part, la Belgique et le Luxembourg d'autre part. »

 

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